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Un point de départ : l’alimentation de la fourche à la fourchette

Un sujet global, une vitrine parisienne d’innovation à dimension internationale:

On aurait tort de croire que l’engouement actuel en Europe occidentale et aux Etats-Unis pour la cuisine, et plus largement l’alimentation, n’est qu’un phénomène de mode orchestré par les média. La réalité est malheureusement plus profonde. En effet, le premier moteur de cet intérêt est avant tout l’inquiétude croissante des citoyens, démunis face à l’immense complexité de la chaîne alimentaire mondialisée. Certes, des dizaines d’initiatives fleurissent ça et là pour revenir à la dimension humaine de l’alimentation, réduire l’échelle en essayant de dominer la situation. Mais de la micro économie à la macro, les défis pour nourrir neuf milliards d’individus à l’horizon 2050, dans un contexte de pollutions diverses en augmentation et de réchauffement climatique, restent considérables. Enfin, s’il existe de nombreux instituts de recherche de par le monde qui travaillent sur ces sujets, leurs travaux restent très largement inaccessibles au grand public.

L’initiative la plus remarquable pour s’attaquer à cet ensemble de thèmes à destination du grand public est très certainement l’Exposition universelle de Milan (1er mai – 30 octobre 2015) intitulée « Nourrir la planète, Energie pour la vie». Elle montre, s’il en était besoin, que le sujet est désormais précisément « universel » et que la prise de conscience des citoyens doit être généralisée. Mais les allées de Milan fermées, chacun doit maintenant mettre cette prise de conscience à l’épreuve individuelle et collective de son territoire. Ainsi, créer un lieu unique, dans une grande capitale comme Paris, où l’on puisse expérimenter et partager en temps réel toutes les dimensions des recherches en cours, le tout, dans une ambiance conviviale qui ne néglige pas le ludique est, à notre connaissance, un projet unique. Créer un point focal dans Paris, c’est aussi générer une dimension internationale. Chercheurs, chefs, économistes de l’alimentation, spécialistes de l’agriculture : les réseaux internationaux des partenaires impliqués, notamment AgroParisTech, Sous les Fraises, La Ruche qui dit Oui et Alimentation Générale trouveront là le lieu de la synergie internationale qui manque à Paris.

Se retrouver expérimenter, innover, échanger

Il s’agit assurément d’un des enjeux du quartier : créer un lieu pour se retrouver, renforcer les solidarités et développer les convivialités dans le quartier.
« Se retrouver » sera décliné aussi en regard des situations spécifiques du quartier et de l’arrondissement. Notre projet ayant pour particularité architecturale de pouvoir opérer un lien entre ce qui est aujourd’hui considéré comme le quartier ‘haut’ et le quartier ‘bas’, nous veillerons à ce que ce lien se manifeste dans des choix de programmation concertés avec les différents groupes d’usagers.
Ré-Alimenter Masséna sera un espace central chaleureux et avenant, ouvert à tous, aux différents rythmes de ceux qui y vivent : habitants, étudiants, actifs, travailleurs…
Le projet comportera le Marché « circuit court » de la Ruche qui dit oui, un bar, petite restauration, mais aussi des espaces pouvant être dédiés à des activités du quartier de type troc solidaire, vide-grenier, accorderies, fêtes du quartier… . On trouvera également des modules de bibliothèque faisant référence sur les sujets de l’alimentation, des ateliers pédagogiques, un espace d’exposition / plateforme artistique (Galerie Magda Danysz), un espace d’agriculture ouvert au public, la cuisine interactive d’Alimentation Générale et bien sûr, la salle de spectacle. Le tout dans un projet qui accueillera des logements ainsi qu’une résidence de chefs ou d’artistes.

 

Transformer le quotidien innover, rechercher, débattre

L’innovation au quotidien
Le projet Ré-Alimenter Masséna place l’alimentation au coeur de la vie sociale. Cette « micro ville » en fait le moteur de l’échange et instaure dans son fonctionnement quotidien des cycles internes vertueux. C’est une franche dynamique qui s’ouvre sur le quartier et sur la ville pour accueillir de nouvelles pratiques portant sur l’alimentation et le plaisir du goût. Les cultures de proximité sont au service de la qualité de vie et de l’apprentissage quotidien.

Communiquer, programmer, débattre
La rédaction et l’équipe d’Alimentation Générale s’implanteront à la Gare Masséna dans un open space semi ouvert au public. L’information pourrait ainsi être traitée non seulement par les sources habituelles, mais aussi par ce que le public produirait avec nos journalistes. Les débats inviteront chefs, scientifiques, sociologues, producteurs et aborderont les grands sujets alimentaires d’actualité. De la graine plantée à l’alimentation de la planète, en passant par les OGM et les circuits courts.

Semer, jardiner, produire, récolter, recycler
Au printemps, il est temps de sortir de chez soi mais aussi de travailler son jardin. ‘Tous pour l’agriculture’ sera une grande opération participative permettant de se retrouver dans un espace dédié pour planter de nouvelles graines. Il s’agira de renouer le lien avec l’histoire artisanale du quartier et d’explorer les possibles : l’agriculture de la Gare Masséna, de la tour, mais aussi des jardins existants (ou à venir) dans le quartier et sur le site de la petite ceinture. Grâce à des équipes aux compétences spécifiques en la matière, nous pourrons impliquer la population du quartier, et au-delà, dans des activités d’une agriculture urbaine du futur. Ainsi, Sous les fraises montrera les voies d’une agriculture plus efficace et productive sur des espaces restreints. L’entreprise s’intègrera à la fois en tant que ‘régulateur’ pour la gestion des ressources et en tant qu’acteur’ quotidien de l’animation du bâtiment. La Ruche qui dit Oui nous amènera à constamment améliorer les modes de distribution en amenant sur place les producteurs paysans de la région parisienne les mieux à même de nous enseigner ce travail avec la terre. Enfin, AgroParisTech nous permettra d’imaginer le futur en nous montrant les réalités de leurs recherches.


Rechercher, enseigner et transmettre
La recherche est au coeur du projet. Ré-Alimenter Masséna sera centré sur la présentation au public des expériences les plus innovantes menées autour de l’alimentation, de la fourche à la fourchette. La recherche, à son plus haut niveau, dans tous les sens du terme, puisque les espaces d’agriculture s’élevant sur les hauteurs du projet sont réservés à une agriculture urbaine ouverte à la fois aux recherches fondamentales, à l’expérimentation et à l’entrepreneuriat. Occupés par Sous les Fraises en partenariat avec la grande école d’ingénieurs AgroParisTech, il s’agit d’expliquer au public ce que l’on y fait. Des espaces seront investis par des étudiants, plutôt en fin de cycles, pour y tenter toutes les expériences qui trouveront, ou pas, des applications dans l’univers de la production agricole. Les étudiants pourront imaginer des collaborations avec des étudiants d’autres écoles, françaises ou étrangères et aussi, à des niveaux plus modestes, créer des collaborations à travers une offre d’ateliers pédagogiques qui concerneront tout aussi bien le public scolaire que les familles.


Faire ensemble, la cuisine au coeur du quotidien / transformer, conserver, partager
Proposer à Paris, un lieu central où tous les aspects de l’alimentation, de la fourche à la fourchette, puissent être expérimentés dans une dimension prospective.
La ressource alimentaire et les moyens de pérenniser la végétation en milieu urbain sont au centre de la réflexion de Sous Les Fraises. Le programme proposé dans le cadre de Ré-Alimenter Masséna consiste ici à rendre l’alimentation sensible dans le paysage urbain et à apporter un cadre d’exercice pratique à l’écologie urbaine. L’alimentation devient ici le support de nouveaux échanges et permet de nourrir, dans un environnement fertile, pratique et poétique, une réflexion commune sur les pratiques quotidiennes et les enjeux alimentaires contemporains. 
Une société d’exploitation unique SEGM (Alimentation Générale, PolyChrone et la Ruche qui dit Oui) rendra l’animation de ce lieu possible et pérenne.
Plusieurs projets seront développés : l’atelier des voisins, qui mettra en avant les pratiques culinaires autour de gestes simples ou de produits ; des échanges de service (accorderie) la cuisine du marché, projet liant chefs et producteurs abordant les manières de produire ou simplement la meilleure recette à partir du contenu d’un panier paysan ; le goût des autres, atelier de cuisine basé sur la révélation d’une carte territoriale des cultures culinaires populaires, en lien avec la programmation artistique du lieu et les diverses communautés habitants le quartier et, plus largement, l’arrondissement ; atelier anti-gaspillage proposant des recettes pour apprendre à cuisiner toutes les parties d’un produit, végétal ou animal.
Des repas évènement ponctueront aussi la vie du site, en invitant chaque mois un chef parisien et un chef étranger pour un repas à quatre mains, à partager avec quelques centaines de convives au sein de la Gare et de la petite ceinture… Des pique-niques et balades inviteront à découvrir les territoires parisiens et leur géographie par le goût. Cette programmation impliquera une dynamique partenariale forte avec les acteurs ressources de tous les champs concernés : chefs français et étrangers, professionnels comme amateurs, Slow food, associations culinaires de la région, fondations de grands distributeurs, la Ruche qui dit Oui, les chambres d’Agriculture…

Se divertir créer, écouter, bouger, voyage

Symbole d'un lieu de vie innovant, tourné vers le public, les habitants et les entreprises du quartier, Ré-Alimenter Masséna doit aussi pouvoir offrir un dialogue créatif de
« la fourche à la fourchette ». La partie culturelle du projet part du principe que les artistes peuvent être un élément de dialogue et catalyseurs de débat autour des questions de l’environnement et de l’alimentation.
Dans un contexte de renouveau architectural sans commune mesure, le projet de faire renaître la Gare Masséna comme une porte d’entrée dans Paris Rive Gauche, et de façon plus étendue dans Paris elle-même, est un symbole d’ouverture vers un espace de création.
L’inscription de cet édifice dans le paysage urbain de Paris Rive Gauche est, à plus d’un égard, une inspiration artistique et un potentiel d’ouverture sur la ville.
Ainsi il s’agit dans ce projet de répondre non seulement aux enjeux de laisser une empreinte durable dans la ville et de penser la ville autrement, dans sa globalité, mais aussi d’innover dans la façon de montrer l’art et rendre la culture accessible.
C’est ainsi que la Galerie Magda Danysz imagine des expositions qui ne seront pas cantonnées à un seul espace mais qui se manifesteront comme un parcours sur tout le site, renouant le lien entre les différents niveaux de Masséna (boulevard Masséna, rue Louise Bourgeois, rue Regnault..).
Quant à la musique, elle tiendra une large part dans la programmation, notamment les musiques du monde dans toutes leurs diversités. Des influences les plus traditionnelles aux plus actuelles, des artistes d’ici et d’ailleurs seront conviés à nous faire partager leurs interprétations de notre époque. Ce lieu de spectacle accueillera aussi des propositions de tous genres : des contes, des mots-dits, des spectacles pour le jeune public ou du théâtre d’ombre et d’objets. Lieu culturel innovant qui ne se concentre pas seulement sur l’artistique mais sur les pratiques culturelles dans leur ensemble : à la fois lieu de découverte, d’enrichissement, d’apprentissage, de vie, de fête et de convivialité culturelles. La littérature sera également explorée sous cet angle : modules librairie / bibliothèque, résidences d’auteurs, rencontres, débats… Le cinéfood d’Alimentation Générale convoquera la culture cinématographique dans une même approche conviviale et ludique.

« Cradle to Cradle » Recycler, réutiliser, inventer, nourrir


Vers un avenir plus durable
«Réchauffement climatique, chômage, crise alimentaire, surpopulation, inégalités, pollutions, crise financière, crise sociale, extinction des espèces animales et végétales, déforestation,… l’économie circulaire constitue le modèle le plus approprié pour répondre aux divers défis que cette situation nous laisse. L’économie circulaire construit un schéma à partir de l’épanouissement de l’homme et du vivant, basé sur l’innovation et la création de valeur. Le principe est de « ne plus faire moins mal, mais bien » comme Michael Braungart et William McDonough l’indiquent dans leur ouvrage Cradle-to-Cradle. » Sur Ré-Alimenter Masséna, rien ne se perd, tout se transforme. Nous refermerons le cycle de vie ; des produits, des services, des déchets, des matériaux, de l’eau et de l’énergie. Le projet aborde ainsi par son programme et son architecture, les trois piliers du développement durable : la société, l’économie, et l’environnement. Le concept du projet est simple : se réalimenter – de la terre au produit et du produit à la terre. Nous développerons ainsi plusieurs axes d’innovations intrèsinquement mise en liens:


• Des usages en faveur de l’économie circulaire et de la mixité sociale : s’alimenteravec des aliments produits le plus localement possible
• Une empreinte environnementale maitrisée : vers une étiquette environnementaleperformante
• Un projet sobre en énergie et en carbone
• Une gestion raisonnée de l’eau sur site : récupération et réutilisation des eaux pluviales et grises
• Economie circulaire des déchets du site – Objectif valorisation des déchets
• Un air sain pour contribuer au bien-être des usagers et à leur santé
• Des espaces biophiliques pour contribuer au bien-être des usagers
• L’intégration du concept Cradle to Cradle qui participe grandement à l’économiecirculaire développée sur le projet
• Une réutilisation et recyclage de matériaux


En chiffre :
750 m² d’agriculture urbaine (jardin vertical) répartis sur les trois derniers étages de la tour et la
toiture de la gare.
70 m² d’agriculture urbaine pour les habitants
250 mètres linéaires de jardinières pour les habitants
1150 Kg de produits comestibles par an
68Teq CO2 stockés : la tour composée de planchers bois et d’un habillage en bois en façade
238TeqCO2 des émissions de C02 seront réduites comparée à une Tour de planchers béton et d’une façade en pierre agrafée
40% de gain sur la consommation d’eau potable
100% des besoins en eau liés à l’irrigation des fermes urbaines du projet provien¬nent de la réutilisation des eaux grises et des eaux de pluie du site.
80% ENR des consommations énergétiques conventionnelles du bâtiment compensés par les systèmes techniques performants et les énergies renouvelables
 

Construction en bois :
Le projet se démarque aussi par une construction en bois bio‐sourcés favorable à la démarche durable et environnementale du projet. Jusqu’à ce jour, il n’existe pas en France de projet de tour construite en matériau bois regroupant les différentes activités proposées. Un effort particulier est également porté, sur ce projet, à une réutilisation et un recyclage des matériaux... Par exemple, les espaces intérieurs seront faits avec des matériaux de réemploi du site existant. L’intégration du concept « Cradle to Cradle » participe grandement à l’économie circulaire développée sur le projet.


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